• A l'occasion du centenaire de la première guerre mondiale,
    les enfants de l'école ont décidé de rendre hommage
    aux disparus du village, dont les noms sont inscrits sur la stèle commémorative à l'intérieur de l'église.

     

     

     

    Neuf noms figurent sur le monument.
    Neuf jeunes soldats qui ont sacrifié leur vie pour être libres.

    Pour ne pas les oublier, nous avons fait le choix de retracer leurs parcours en évoquant leur départ et leurs conditions de vie épouvantables sur le front, leur déracinement, leurs doutes, leurs souffrances et leur mort.

    En l'absence de témoignages, nous nous sommes basés sur les lettres du poilu DEVICHI Joseph, disparu le 23 janvier 1915 à Malancourt.

     

    Voici son histoire :

    Joseph est un jeune père de famille, comme tant d'autres, qui cultive sa terre aux alentours de Cardu.

    Quand est proclamée ce 2 août 1914, l'ordre de mobilisation générale, il doit quitter sur le champ, sa femme qui attend leur quatrième enfant, Pierre, son fils, Toussainte et Pauline ses filles, ses bêtes, son village pour rejoindre son bataillon cantonné à Vivario.

    Il appartient au 116 régiment de la réserve territoriale. Comme lui, les autres hommes du village, en âge de se battre, embrassent leurs proches et quittent, pour certains, l'île très rapidement ; c'est le cas de son ami Lorenzi Etienne, au 173ème, de son beau frère Toussaint Devichi , militaire de carrière et du jeune Antoine Rossi, instituteur à Tomino.

     

    Dès son arrivée à Vivario,

    il confie ses espoirs

    à sa femme

    à qui il écrit

    très régulièrement :

     

     


     

    " ma chère femme ne te fais pas de mauvais sang car cette guerre ne durera pas longtemps.Je pars pour la Tunisie remplacer les troupes qui montent au front mais moi je ne crains rien, car il y a des lois qui permettent aux pères de quatre enfants de rentrer dans leurs foyers, de plus j'appartiens à la réserve des plus anciens soldats et  la guerre sera finie d'ici que mon bataillon soit engagé..."


    Hélas la saignée d'hommes engagés sur les différents fronts de l'est et du nord de la France, va précipiter son départ et la fin de ses illusions de retour en Corse. Déjà la famille d'Etienne Lorenzi  n'a plus de ses nouvelles : qu'est-il devenu ?

    Porté disparu d'après l'état major français, dans la région de MontFaucon !

    Sa femme vient de mettre au monde une petite fille ; aura t-elle un jour l'occasion de connaitre son père ?

    Pour l'instant Joseph est en Tunis, au terme un voyage épouvantable qui a emmené  trois mille hommes, entassés sur deux bateaux, vers un destin plus qu'incertain. Nous sommes le 3 septembre 1914.

    Il écrit à son capitaine pour lui demander de plaider sa cause auprès du commandant du régiment car sa femme va avoir un quatrième enfant; n'est-il pas en droit de rentrer chez lui !

    Mais les lois, semble-t-il, ne s'appliquent pas à tous !!!

     

     

    Le 28 septembre, après avoir subi de lourdes pertes, l'armée française rappelle les réservistes et Joseph reprend la mer à destination de Toulon où il incorpore le 112ème régiment d'infanterie, direction le front, dans la région de Verdun, où les combats font rage. Sur le bateau qui le ramène sur le continent, il confie ses doutes, ses angoisse et ses peurs à sa femme :

     

    "Prie Dieu et la Sainte Vierge qu'ils me viennent en aide et écris moi le plus souvent que tu pourras car c'est pour moi le plus grand des réconforts, embrasse bien les enfants et surtout dis à Pierre de s'occuper au mieux de nos affaires."

     

     

     

    Savait-il déjà qu'il ne respirerait plus le parfum entêtant de cette île qui l'avait vu naître ?

     

     

    Le 10 octobre Joseph est au front. le courrier est son seul lien avec sa famille mais sa distribution est chaotique et les nouvelles arrivent au compte goutte.

    Sur les lettres qu'il envoie à sa femme, ordre est donné de ne pas préciser le lieu où il se trouve, l'ennemi ne doit profiter d'aucun détail stratégique si le courrier devait tomber entre de mauvaises mains.

    Mais l'angoisse se fait déjà ressentir malgré des efforts désespérés de rassurer la famille :

     

    " dès que tu auras accouché , tu feras faire les pièces de nos quatre enfants...".

     

     

    Cet enfant qui va naitre est son seul espoir de quitter cet enfer, cette idée le réconforte mais il faut faire vite !!!

     

     

    Il est loin
    le temps des vendanges
    et de la douceur de son ile ;
    ici le froid mordant de l'hiver
    est l'ennemi des soldats.
    Les rats, la boue 
    et la mitraille
    sont leur quotidien.

     

     

     

     

    Vous trouverez la suite de l'article en cliquant ici.

     Félicitations à tous mes élèves du CE1 au CM2 , lauréats du concours national "des petits artistes de la mémoire"pour leur travail de qualité et pour avoir fait entrer Joseph DEVICHI dans l'histoire , lui que l'on avait oublié comme tant d'autres et qui restera à jamais gravé dans nos mémoires. A tutti quelli morti in 14-18 ; ùn vi scurdate mai !!

    © aquarelles : Prénom Nom / Prénom Nom  / Prénom Nom / Prénom Nom / Prénom Nom / Prénom Nom / 

     

     

     

     

     


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